C’est toujours pas le pied ! (mais c’est un peu plus court)

Ça y est, c’est réparé ! Un morceau de titane et 6 vis : je devrais pouvoir me servir à nouveau de mon pied gauche d’ici 6 à 8 semaines.

Petite chronologie de mon opération ce vendredi :

  • 8h : arrivée à la clinique Juge de Marseille, paperasse, personnel sympa et drôle.
  • 8h30 : arrivée dans la chambre, attente. Pipi. Attente. Pipi. Attente. Pipi. Attente. Pipi. L’angoisse d’avoir une envie pressante sur le billard j’imagine…
  • 10h15 : on vient me chercher, direction la salle de pré-op. En chemin, discussion animée entre le brancardier et une aide-soignante. Des histoires de formation, de réunion, un truc administratif qui ne me concerne pas mais qui me bloque dans l’ascenseur pendant 5 minutes, le temps qu’ils règlent leurs affaires en m’ignorant complètement. Pas que j’aime particulièrement être le centre du monde, mais quand même, je suis sur un brancard là !
  • 10h25 : l’anesthésiste (très charmant) arrive avec ses aiguilles et son appareil d’échographie. Il me place un cathéter sur la main et m’enfonce une aiguille d’une bonne douzaine de centimètres sous le genou pour injecter l’anesthésiant le plus près possible du nerf sciatique qu’il localise par échographie. Pas vraiment une partie de plaisir. Puis il remet le couvert du côté de ma hanche et se demande (à haute voix, c’est plus drôle) où est passé mon nerf fémoral. C’est toujours rassurant de savoir que l’on n’est pas construit de façon conventionnelle… Il ressort son aiguille à rallonge, la plonge dans mon aine, trouve enfin le nerf, fait son injection. Petit à petit, ma jambe gauche se déconnecte de mon corps. Le chirurgien passe par là, repart… Un besoin pressant ?
  • 11h : l’anesthésiste pousse mon brancard dans la salle d’op, je repte sur la table d’opération. Je ne vois pas le chirurgien, il fera probablement son entrée lorsqu’ils auront fini de me brancher (perfusion, tension, saturation, garrot gonflable à la cuisse) et de placer le champ opératoire de façon à bien m’empêcher de voir quoi que ce soit.
  • 11h10 : le chirurgien arrive et c’est parti pour 45 minutes d’opération. Ils papotent là bas, du côté de mon pied. J’entends un ‘Oh merde ! ‘ discret, je n’ai pas le courage de demander ce qui se passe. Même si ça me concerne, ils ne me diront rien. Je devine que l’on manipule ma cheville : ils doivent être en train de remettre en place mon péroné. Le garrot me fait super mal, j’ai l’impression que ma jambe est coincée sous un bloc de béton, je m’en plains. ‘C’est presque fini !’ me dit-on. 10 minutes plus tard, je m’en plains encore. ‘Plus que quelques minutes ! ‘ Oui mais merde, ça fait super mal quoi ! (non, ça je ne l’ai pas dit, mais je l’ai pensé très fort.) J’entends un bruit de visseuse électrique : une vis, deux vis. L’anesthésiste revient, je me plains encore du garrot. ‘Plus que 5 minutes, ils vont bientôt refermer’ me dit-il avec son beau sourire. Encore quelques vis et le chirurgien me dit qu’il referme. On m’enlève enfin ce garrot infernal (vous savez, l’histoire des coups de pied au cul qui ne font du bien que lorsqu’ils s’arrêtent…) et on me sort de la salle d’op.
  • 12h : arrivée en salle de réveil. On doit bien être une dizaine là dedans. Un gamin qui vient de se faire opérer d’un strabisme est en larmes, les infirmières le rassurent gentiment et lui font un câlin. Un beau mec avec un pansement sur l’oeil regarde fixement devant lui l’air un peu paumé. Je lui ferais bien un câlin. Une infirmière blasée fait une radio de contrôle de ma cheville et on me remonte dans la chambre.
  • 12h30 : arrivée dans la chambre : le chirurgien m’attend avec impatience, il ne comprend pas pourquoi on ne m’a pas remontée plus tôt. Il me dit que tout s’est bien passé, mais m’explique à demi-mots qu’il y a eu un petit truc à régler du côté de l’attache de l’un de mes tendons. Il me dit aussi que mes ligaments sont en sale état mais qu’il ne voulait pas opérer à la fois la fracture et les ligaments. On verra ce que ça donne lorsque la fracture sera consolidée. Pas rassurant.
  • 12h45 : l’infirmière m’apporte une petite collation, me dit que le kiné ne devrait pas tarder. Le kiné tarde.
  • 13h45 : le kiné arrive enfin. Il m’explique qu’il faudra que je mette une attelle pour maintenir mes ligaments après que j’aurai ôté la botte de marche dans 6 semaines. Je sens que je suis mal barrée avec cette histoire de ligaments… Mais il faut positiver : tout ira bien !

Retour à la maison avec la jambe gauche qui ne se souvient toujours pas qu’elle fait partie de mon corps. La sensibilité dans la cuisse revient peu à peu, mais à partir du genou jusqu’au pied, je n’ai qu’un membre mort qui ne m’obéit pas. Si ce n’était pas aussi gênant et désagréable, ce serait presque drôle. Et puis je pense aux gens qui ont définitivement perdu l’usage de leurs membres : non, ce n’est pas drôle du tout. À trois heures du matin, je me réveille, ce qui me permet d’assister en direct live au retour de la vie dans mon membre inférieur. Lorsque j’arrive enfin à bouger mes orteils, je me sens comme Sir Edmund Hillary qui vient de conquérir l’Everest. Yessss! Samedi, quelques douleurs, surtout dans le talon, rien qu’un bloc de glace et un peu de paracétamol n’arrivent à calmer. Et depuis les douleurs s’estompent, ça m’a l’air en bonne voie de guérison.

Pour le plaisir de vos yeux, quelques photos souvenir. Âmes sensibles s’abstenir !

Rendez-vous dans un mois avec le chirurgien pour voir l’évolution de la cicatrice, puis à nouveau deux semaines après pour voir l’évolution de la consolidation et mettre en place le plan de rééducation fonctionnelle.

Je cherche toujours ce que l’Univers a voulu me dire…

Une bise et à la prochaine !

 

2 thoughts on “C’est toujours pas le pied ! (mais c’est un peu plus court)

  • February 11, 2019 at 12:58 AM
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    Pas glop du tout ces deux derniers posts…
    Bon courage et bon rétablissement… ❤

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    • February 11, 2019 at 1:20 AM
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      Merci ma belle. Ainsi va ma vie…

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